Dr Louis Fouché : le défi de la parité et de la vérité sur le Covid-19

Nexus a eu l’occasion de rencontrer le médecin anesthésiste et réanimateur Louis Fouché (fondateur de ReinfoCovid) dans un cadre exceptionnel, le 20 février, en prenant de la hauteur sur le massif de Pastré à Marseille. Dans cet entretien long format, il nous livre son analyse claire et rigoureuse de la gestion du Covid-19 en France en s’appuyant sur son expérience du terrain et la littérature scientifique disponible. Armé d’un solide bagage en anthropologie de la technique, il nous explique également les raisons pour lesquelles la technique et la technologie ont pris une place trop importante dans nos sociétés et comment elles influencent négativement nos protensions collectives durant cette crise sanitaire. Il prône un retour à des protensions collectives positives et nous donne toutes les clés pour bien comprendre ces concepts majeurs. L’idée, selon lui, n’est pas de prouver que tel ou tel traitement fonctionne pour soigner le Covid-19, mais de refaire société tous ensemble en priorité. Il dresse néanmoins un tableau des approches thérapeutiques qui permettent de prévenir ou de soigner la maladie et qui ne sont pas ou peu relayées par les médias mainstream et par l’Etat, maintenant ainsi la plupart des Français dans la peur d’une maladie apparemment sans traitements efficaces.

Louis Fouché , 26 février 2021

Cluster : Faire de la crise une opportunité – Dr Louis Fouché

Cluster est une émission animée par Jocelyn Huet, thérapeute de développement personnel et spirituel. https://www.energiespositivesmedia.com

Louis Fouché, docteur en médecine, l’invité de cette émission, nous exposera son regard bienveillant sur la question  » Comment faire de la crise une opportunité pour une société solidaire et altruiste ? « . https://reinfocovid.fr/

Émission présentée par Jocelyn Huet, Thérapeute en développement personnel et spirituel https://www.voyageverssoi.com


Pour l’avocat du Pr Raoult, « on ne sait pas si le confinement sauve, mais on sait qu’il tue »

Spécialiste du droit de la santé publique, Maître Fabrice Di Vizio a défendu des centaines de professionnels de santé au cours de sa carrière et a enseigné dans plusieurs facultés de médecine.

Il a notamment traité des dossiers complexes comme ceux du Médiator ou de la grippe H1N1. Depuis plusieurs mois, il plaide pour le compte de nombreux professionnels de santé dans le cadre de la crise sanitaire du Covid-19, dont le collectif C19, qui rassemble 600 médecins libéraux, l’association Victimes Coronavirus France ou le Professeur Didier Raoult.

Quel regard porte Me Di Vizio sur l’action des pouvoirs publics et des professionnels de santé pendant la crise sanitaire ? Quelles seraient les conséquences d’un troisième confinement en France ?

Esprits de Liberté s’est entretenu avec Me Di Vizio pour répondre à ces questions.

Crédit musique : Heroic Feat by RomanSenykMusic. https://youtu.be/hvv8VLOKnsI


Coronavirus: la légitimité démocratique du pouvoir d’exception remise en question par des chercheurs

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Il y a plus de 10 mois, les premières mesures de confinement étaient prises en Belgique. Ces dispositions inédites et impensables encore quelques semaines auparavant ont bouleversé nos vies et notre société. Elles ont été adoptées dans l’urgence, face à un phénomène, l’épidémie de covid-19, qu’il était difficile de prévoir. L’absence de débat démocratique pouvait à l’époque se comprendre au vu de l’urgence et du caractère exceptionnel des mesures. Une large coalition de partis démocratiques créait alors un consensus autour d’un gouvernement minoritaire. A situation inédite, réactions politiques inédites.

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A l’automne dernier, un gouvernement de plein exercice était mis en place. Moins d’un mois après son installation, le second confinement a eu lieu. Il diffère fondamentalement du premier sur deux points. Tout d’abord, il est désormais impossible d’invoquer la surprise. Par ailleurs, le caractère temporaire et exceptionnel du confinement n’a plus rien d’évident.

Des dégâts économiques, sociaux et psychologiques considérables

Malgré la durée de la crise, la communication est toujours celle de l’urgence. Les médias reçoivent leur dose quotidienne de chiffres Covid, sans aucun recul ou analyse ni, sauf cas rares, modération critique. De même, le nouveau feuilleton de la course entre la vaccination et la dissémination des nouveaux variants est censé nous tenir en haleine. Surtout, les données fournies sont incomplètes pour qui veut se faire une idée réelle des implications du confinement. Quid de la santé mentale, des tentatives de suicide, du décrochage scolaire, de la paupérisation, de l’augmentation des violences intra-familiales ? Il semble en tout cas que ces dimensions n’influent que de manière marginale sur les décisions prises. Probablement parce que les effets concrets ne se font ici ressentir qu’avec retard, alors que les contaminations se voient chaque jour avec une publicité maximale. Est-ce dès lors une raison pour ne pas prendre en compte ces réalités au moins aussi importantes ? 

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Or, c’est bien ce tableau global des conséquences de la gestion de cette crise qu’il convient urgemment de dresser. Avec des étudiants ou adolescents en mal-être grave, des professions en déroute et sans perspectives, des usages normalisés des limitations de libertés, peu d’évaluations rendues publiques de l’efficacité de certaines mesures liberticides… Il est plus que temps de se poser la question du vivre ensemble en pandémie dans une société où le risque zéro n’existe pas.

Actuellement, on tente toujours de minimiser un double risque très étroit : la saturation des hôpitaux couplée aux décès des personnes vulnérables, sans s’interroger vraiment sur l’équilibre à trouver avec les autres risques et les dommages causés aux autres catégories de citoyens et citoyennes. Or ces risques explosent en ce moment de toutes parts, comme des dizaines de chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales le prédisent depuis des mois, et dont les propositions ne semblent pas entendues par les autorités politiques.

Des restrictions massives des libertés publiques

La gestion covid-19 soulève aussi un problème fondamental de respect de la légalité et de l’Etat de droit. Depuis plusieurs mois, les constitutionnalistes et les politologues dénoncent la gestion de la crise par simple arrêté ministériel et réclament une loi Corona (lire aussi). Au-delà du simple respect de la Constitution, l’État de droit assure la limitation de l’action de l’État envers les citoyens et citoyennes en lui imposant un cadre juridique et en lui interdisant l’arbitraire. En un mot comme en cent : l’Etat ne peut pas agir comme bon lui semble, aussi impérieuse et légitime lui semble la finalité qu’il poursuit.

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Chaque jour, nous pouvons constater les graves conséquences de l’estompement de ce principe. La lutte contre le covid-19 sauve sans doute des vies. Mais elle étouffe nos droits et libertés. L’état d’exception qui s’installe permet à la police de pénétrer de nuit dans les domiciles, de tracer les GSM sans ordonnance de juge, de restreindre le droit de manifestation, de suspendre le droit au travail, de maltraiter le droit à l’enseignement, de s’emparer de nos données médicales à des fins de contrôle, de limiter nos déplacements, de faire disparaître les droits culturels… Cette rétrogradation a lieu sans débat ni décision parlementaire et en contournant trop souvent les autorités de contrôle (section de législation du Conseil d’Etat, Autorité de la protection des données).

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Des mesures de contrôle incontrôlées

La démocratie belge est aujourd’hui atone. Le confinement et ses modalités ne font pas l’objet d’un débat démocratique public, pluraliste et ouvert. Les positions et arguments en contradiction avec la parole officielle n’ont pas droit au chapitre. Comme le démontre Amartya Sen, le débat public est la condition incontournable de toute décision légitime et raisonnable, sur la base de positions parfois toutes défendables quoique contradictoires (1).

Le contrôle de l’application des règles par les citoyens et citoyennes fait l’objet d’une sévérité de plus en plus grande. Mais dans le même temps, le contrôle des règles par les autorités fait l’objet de plus en plus d’inattentions. La piste est glissante : ne basculons-nous pas dans une gestion autoritaire de la pandémie ?

Il est donc indispensable d’avoir un débat démocratique et ouvert sur au moins trois éléments. Premièrement, la définition de l’objectif poursuivi par ces mesures : s’agit-il d’éviter la saturation des services hospitaliers ou d’éradiquer le virus en éludant la question des moyens pour renforcer les dispositifs médicaux ? Deuxièmement, le degré de risque que nous sommes collectivement prêts à accepter au regard de tous les autres risques. Et troisièmement, les mesures légitimes et proportionnées prises pour atteindre ces objectifs.

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Un débat éclairé nécessite d’avoir des données fiables et des avis partagés. Il faut dès lors au plus vite un partage des données en opendata afin que tout chercheur ou chercheuse puisse les vérifier, les compléter, les discuter et les analyser. Il est également nécessaire de rendre publics tous les avis exprimés par les divers organes d’expert.e.s, afin que chaque citoyen et citoyenne puissent être informé.e et comprendre les mesures.

De graves conséquences à moyen et long termes

Le basculement que nous observons entraîne de graves conséquences à moyen et long termes que les autorités ne peuvent ignorer : perte d’adhésion des citoyens et citoyennes dans les mesures, décrédibilisation des dirigeants déjà en perte de vitesse, mouvements de désobéissance civile qui peuvent entraîner la division et le conflit. En outre, la création d’un tel précédent est un danger pressant dans un contexte de montée des populismes et des régimes autoritaires, ainsi que dans la perspective scientifiquement envisagée d’épidémies ultérieures. Comment les démocrates pourront-ils.elles faire barrage à des poussées illibérales si l’Etat libéral ouvre la brèche ? La classe politique actuelle prépare-t-elle à son insu, par manque de vision et de courage, la fin de la démocratie telle que nous la connaissons ? Il est encore temps d’un sursaut.

*Signataires : Diane Bernard (USL-B), juriste et philosophe ; Anne-Emmanuelle Bourgaux (UMons), juriste ; Marie-Sophie Devresse (UCLouvain), criminologue ; Alain Finet (UMons), management ; François Gemenne (ULiège), politologue ; Christine Guillain (USL-B), juriste ; Chloé Harmel (UCLouvain), juriste ; Vincent Laborderie (UCLouvain), politologue ; Irène Mathy (USL-B), juriste ; Anne Roekens, (UNamur), historienne ; Damien Scalia (ULB), juriste ; Olivier Servais (UCLouvain), anthropologue et historien ; Dave Sinardet (VUB- USL-B), politologue ; Nicolas Thirion (ULiège), juriste ; Erik Van Den Haute (ULB), juriste.

(1) A. Sen, L’idée de justice, Flammarion, 2010 (pour la trad. en français), notamment p. 141 et 417.


La crise des variants du coronavirus SARS-CoV2 : Payons-nous une erreur fondamentale des gouvernements ?

Depuis quelques semaines les découvertes de nouveaux variants du coronavirus SARS-CoV2 se multiplient. Apparus au Royaume-Unis et en Afrique du Sud leur expansion inquiète la communauté internationale. Réaction de Jean-Michel Claverie.

Dans un post précédent1, j’ai estimé par un calcul simple (de la vitesse de mutation connue), la fréquence probable avec laquelle des variants de la protéine S du virus (celle qui lui sert à s’accrocher à nos cellules) sont produits au cours d’une infection. Environ un virus sur les 1 000 produits par chaque cellule infectée possède au moins un changement dans la composition de la région critique qui gouverne l’interaction de la protéine S avec le récepteur ACE-2. En pleine pandémie, quand des millions de gens sont infectés, ces variants sont donc produits en masse et continuellement.

Dans un autre post2, j’ai cité une étude d’un laboratoire israélien de renom, qui a évalué l’ensemble des variations (au hasard) du virus préservant sa capacité de coller au récepteur ACE-2. Leurs résultats sont clairs et inquiétants : le virus dispose de nombreuses possibilités dont certaines lui confèrent une capacité jusqu’à 600 fois plus grande d’interagir avec ACE-2. En clair, il faut 600 fois moins de variant de ce type que de virus « normal » pour déclencher une infection (vulgairement, il serait 600 fois plus contagieux)3.

A titre de comparaison, cette même étude a démontré que le variant « British », qui inquiète tant les gouvernements, a une affinité qui n’est augmentée que de 4 fois, et de 12 fois pour le variant « Sud Africain » [3]. Le virus a donc une réserve potentielle de nuisance (augmentation de sa contagiosité) extrêmement importante !

Le rôle de la vaccination

Dans une situation « naturelle » où la propagation du virus se fait au hasard, sans qu’on lui oppose une résistance autre que notre simple éloignement les uns des autres pour éviter la contagion, les variants gardent l’énorme handicap de leur rareté (1/1 000) qui rend difficile leur multiplication. Leur fréquence dans la population des virus circulants a donc peu de chance d’augmenter.

Ce n’est plus le cas si l’on cible les virus « standards » par des mesures qui diminuent leur efficacité de multiplication. C’est très précisément le cas de la vaccination, dont l’action recherchée est d’empêcher les virus dotés d’une protéine S standard d’interagir avec le récepteur (par la formation d’anticorps « neutralisants »).

La majorité des virus standards étant (statistiquement) bloqués, cela ouvre un « coupe-fil » aux variants de plus grande affinité pour le récepteur ACE-2, en particulier si leurs modifications les rendent moins reconnaissables par les anticorps vaccinaux (même un peu moins). La mise en œuvre de la vaccination initie donc un nouveau rapport de force, un processus de sélection, qui enclenche une course entre l’éradication des virus standards circulants, et leur remplacement progressif par les variants soit plus contagieux, soit échappant à la neutralisation vaccinale, soit les deux. Ce processus est grandement favorisé par le fait que les vaccins disponibles ne ciblent que la seule protéine (S) du virus, à la différence de l’immunité naturelle qui cible l’ensemble des composants de la surface des particules virales, rendant très improbable la survenue de mutations multiples seules capables de rendre les variants indétectables par le système immunitaire.

Ce qu’il ne fallait pas faire

Dans le cas de l’utilisation d’antibiotiques pour combattre les infections bactériennes, on sait qu’il faut frapper vite et fort, pour minimiser l’émergence de bactéries résistantes.

C’est ici que le bât blesse : dans l’affolement général, la plupart des gouvernements se sont lancés dans une campagne de vaccination générale sans anticiper les difficultés aussi bien industrielles que logistiques de sa mise en œuvre.

Industrielles, parce qu’on ne disposera avant longtemps d’un nombre de doses de vaccins suffisant pour les besoins de la planète (voir les problèmes de Pfizer), logistiques parce qu’on est dans l’incapacité de les acheminer rapidement dans tous les (grands) pays et que l’administration d’un vaccin simultanément à l’échelle nationale de toute une population (et non pas progressivement à chaque génération, comme c’est fait en routine) n’a jamais été pratiquée !

Nous voilà donc dans le pire des cas de figures pour l’émergence de variants : la génération lente et progressive d’une population de vaccinés « à moitié » protégés (par une demi-dose) participant involontairement mais activement à la sélection des variants.

En pleine pandémie active, les variants sont produits chaque jour en grande quantité, dans les non-vaccinés, puis sélectionnés/amplifiés au sein de la petite minorité des vaccinés faiblement protégés par une première dose. De plus, il semble probable que l’immunité acquise par le vaccin ne fait qu’éviter les formes sévères de la Covid-19 sans inhiber l’infection virale peu symptomatique (et donc la création de variants). La décision récente de retarder la seconde dose ne fait qu’empirer ce scénario, en augmentant la population des faiblement immunisés qui sont l’environnement de prédilection pour la création/sélection de variants résistants au vaccin.

Nous sommes donc dans la même situation qu’un traitement antibiotique insuffisant ou prématurément interrompu qui augmente la probabilité de l’émergence de bactéries résistantes.

Ce qu’il aurait fallu faire

Continuer de contrôler la pandémie (des virus standards) par les mesures barrières individuelles et la multiplication des tests suivie d’un isolement strict des cas positifs.

Malgré la pression populaire et médiatique, oser attendre d’avoir à notre disposition la totalité des doses de vaccins nécessaires à l’ensemble de la population, et d’avoir mis en place l’organisation industrielle et logistique nécessaire à leur administration générale dans le temps de plus court possible.

Même si seulement quelques-uns ont été détectés, de multiples variants encore non répertoriés circulent désormais, silencieusement amplifiés par la sélection vaccinale. La fermeture de nos frontières est bien trop tardive et ne pourra rien changer, car ils sont déjà partout, en plus ou moins grandes proportions. Notre seul espoir d’échapper à la succession de nouvelles vagues épidémiques de variants résistants au vaccin actuel ne dépend plus que d’une propriété intrinsèque de la protéine S du SARS-Cov2 : la proportion des formes modifiées capable à la fois d’échapper à la neutralisation vaccinale tout en conservant une affinité suffisante pour le récepteur ACE-2. C’est une donnée sur laquelle nous n’avons aucun contrôle.

Si elle est faible, nous finirons par nous débarrasser de la Covid-19, malgré notre erreur stratégique initiale. Si elle est forte, nous aurons à payer le prix de cette erreur initiale par des rebonds successifs d’épidémies causées par les variations subtiles du SAR-CoV2 jusqu’à ce qu’il en ait épuisé tout le répertoire. En combien de temps ?

Jean-Michel Claverie
PU/PH Emerite Aix-Marseille Université/APHM
Biostatistique/génomique
Institut de Microbiologie de la Méditerranée (AMU-CNRS)

  1. https://www.linkedin.com/posts/claverie-jean-michel-9260016_a-pdf-file-showing-some-numbers-about-sars-cov2-activity-6755177551053819904-jwBd 
  2. https://www.linkedin.com/posts/claverie-jean-michel-9260016_a-pdf- file-more-contagious-sars-cov2-are-activity-6755078408914436096-wPdq 
  3. Zahradník et collaborateurs, bioRxiv preprint doi: https://doi.org/10.1101/2021.01.06.425392 posted January 6, 2021