Big pharma au Parlement Européen – Interview de l’eurodéputée Michèle Rivasi

Nous devions rencontrer la députée européenne Michèle Rivasi cette semaine à Paris, pour une interview exclusive. Changement de dernière minute : Curevac, multinationale biopharmaceutique allemande, a accepté de rendre public le contrat qu’elle a passé avec la Commission européenne: Michèle Rivasi doit venir d’urgence à Bruxelles pour lire ce contrat. Nous la rencontrons le 19 janvier, juste après la découverte de ce dernier, dans des circonstances pour le moins particulières : 45 minutes, dans une pièce fermée, avec interdiction de faire des copies ou prendre des photos, pour consulter un contrat de 67 pages. Nombreux passages sont noircis, notamment le prix des vaccins, les lieux de production, mais aussi deux pages entières qui portent sur la responsabilité juridique de la multinationale. Lorsque Madame Rivasi demandera à la Commission qui est responsable en cas d’effets secondaires dus au vaccin, il n’y aura pas de réponse… Ce qu’il se passe dans les arcanes des institutions européennes concernant les contrats entre les entreprises pharmaceutiques (Pfizer, Astrazeneca, BioNTech, Moderna, Curevac…), dépasse le cadre spécifique des négociations et illustre parfaitement la mainmise de sociétés privées sur l’Europe, donc sur tous ses États membres. Donc sur nos vies.

Michèle Rivasi , 20 janvier ,kairos

Covid : l’Europe demande aux pays membres d’avoir vacciné 70 % des adultes d’ici cet été

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  • today2021-01-22 00:41
  • create2021-01-19 18:32
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Deux jours avant un sommet européen au sujet du combat mené contre le coronavirus, les membres de la commission européenne ont voulu taper du poing sur la table.

Ce mardi, lors d’une conférence de presse organisée à Bruxelles (Belgique), la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a exhorté les 27 à « accélérer les vaccinations ». En Europe, plusieurs voix s’élèvent pour critiquer le rythme de vaccination par rapport à celui du Royaume-Uni, des États-Unis ou d’Israël.

« Nous proposons que d’ici mars, les États membres aient vacciné au minimum 80 % des professionnels de santé et des plus de 80 ans », a indiqué le vice-président de la Commission, Margaritis Schinas. Avant d’aller encore plus loin : « Nous proposons aussi que d’ici l’été, les États membres aient vacciné 70 % des adultes ».

Coupant toute éventuelle pénurie, la commissaire à la santé a déclaré que la stratégie d’achat de l’UE signifiait qu’il y avait déjà suffisamment de doses pour vacciner 80 % des 450 millions d’Européens. Interrogé plus tôt au Parlement européen sur ces lenteurs de distribution aux pays, Stella Kyriakides a assuré que « ce goulot d’étranglement était dû à la pénurie mondiale des capacités de production, plutôt qu’à une pénurie de vaccins déjà commandés par l’UE ».

Dans un communiqué qui a suivi, la Commission européenne prévoit de « travailler avec les États membres et les entreprises pour exploiter au maximum et accroître la capacité de fabrication de vaccins ».

Le vice-président de la Commission européenne a aussi indiqué que la Commission « travaillait avec les États membres pour mettre en place des certificats de vaccination rapidement utilisables au sein de l’UE et au-delà. » En France, l’idée d’un passeport vaccinal semble trouver l’adhésion d’une majorité de citoyens.

« Une approche commune de l’UE en matière de certificats […] ouvrirait également la porte à d’autres utilisations afin d’aider à lever les restrictions », a estimé Margaritis Schinas. Si la Grèce s’est dite favorable à une telle mesure, tous les pays n’y étaient pas encore favorables.

Enfin, la Commission a aussi demandé aux 27 États membres d’augmenter le séquençage à au moins 5-10 % des résultats de tests positifs, se disant prête à les aider en mobilisant des fonds.

« À l’heure actuelle, beaucoup de pays européens testent moins de 1 % des échantillons, ce qui est bien trop faible pour identifier la progression des variants ou pour en détecter de nouveaux », a indiqué Stella Kyriakides.

L’UE a déjà signé six contrats avec des groupes pharmaceutiques, poursuit ses discussions avec deux autres laboratoires, et pourrait obtenir jusqu’à 2,5 milliards de doses. Le surplus devrait être distribué aux pays les plus pauvres, hors Union européenne.

Pour le moment, seuls les vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna ont reçu le feu vert de l’Agence européenne des médicaments pour être déployés dans l’UE. Le régulateur européen se penchera d’ici la fin du mois sur le vaccin d’AstraZeneca.

La pandémie a causé la mort d’au moins 400 000 personnes en Europe.