L’ivermectine au soleil

Si vous voulez vous faire soigner et joindre l’utile à l’agréable, je vous conseille la République Dominicaine. Je suggère au Club Med d’organiser des charters tout compris, avion+séjour+traitement, à destination de son Club de Punta Cana, à côté d’un centre qui traite.

Grosse étude sur l’Ivermectine, faite dans ce pays, avec près de 3 100 patients, traités à Bournigal et Punta Cana. Lamentable que nous ne soyons pas capables de faire ce genre d’étude, les autorités les interdisant.

Il se trouve que ce pays traitait largement à l’hydroxychloroquine, mais est tombé en rupture de stock troisième semaine d’avril 2020. Ayant lu (pour notre malheur, nos médecins hospitaliers et les hauts conseils ne savent pas lire) que l’Ivermectine pouvait être avantageusement utilisée dans la Covid dans l’étude australienne in vitro, leur Comité d’éthique a tranché entre Doliprane et Ivermectine, et heureusement pour la population, ce pays n’avait pas de Conseil Scientifique pour bloquer tout traitement.

Ils ont alors traité du 1er mai et le 10 aout (date de fin de l’étude en question), tous les patients se présentant aux urgences pour Covid, soit 3 099 patients au total. Selon l’importance des troubles, ils ont distingué 4 grades (détail des critères dans l’article). 

Les grades 1,  2 706 patients, ont été renvoyés et suivis chez eux, avec Ivermectine, 0,4mg/kg, une seule prise + Azithromycine 500mg/jour/5jours. Moyenne entre apparition des premiers troubles et traitement : 3,6 jours. 50, 02% d’hommes, 49,98% de femmes, âges non précisés dans l’article. Sur ces 2 706 patients, 16 ont dû par la suite être hospitalisés, soit 0,6%, 0 décès. 2 sont passés en soins intensifs avec 1 décès, soit 0,04%. Chez nous, sous Doliprane, 10 à 15% des patients symptomatiques passent par l’hôpital, 2% meurent.

Les grades 2 ont été hospitalisés dans des unités Covid. 300 patients traités plus tardivement avec troubles plus sévères : moyenne entre apparition des troubles et traitement : 6,9 jours. 63,5% d’hommes, 36,5% de femmes. Moyenne d’âge, 52 ans. Ivermectine, 0,3mg/kg, J1, J2, J6, J7 + Azithromycine 500mg/jour/7jours. Sur ces patients, 3 sont décédés, soit 1%. Chez nous, ce chiffre est de l’ordre de 15 à 20%.

Les grades 3 et 4, encore plus touchés, arrivés plus tardivement, (7,8 jours après premiers symptômes) ont été hospitalisés en soins intensifs. Moyenne d’âge, 58 ans. Ivermectine + corticoïdes + Tocilizumab. 111 patients suivis, 34 décès, soit 30%, soit comme chez nous voire légèrement en dessous.

Après ces résultats, les auteurs décrivent l’action des différents produits : L’ivermectine 1) bloque les importines empêchant par là l’entrée du virus dans les noyaux pour se reproduire, 2) est un puissant inhibiteur de l’hélicase permettant de dérouler l’ARN empêchant la réplication virale (je ne connaissais pas : https://osf.io/8dseq/ ), 3) empêche la liaison de la protéine SARS-COV-2 S, avec le récepteur ACE2 et avec le récepteur transmembranaire CD147, cette liaison est essentielle pour que le virus pénètre dans les cellules au moment de sa réplication, 4) se lie à la protéase 3CL et à la protéine HR2, bloquant la réplication virale. L’Azithromycine ayant elle un effet anti-inflammatoire, immunomodulateur, et peut-être antiviral (du moins in vitro, les auteurs étant prudents sur ce point).

Conclusions de cette plus grosse étude à ce jour : au stade précoce l‘association Ivermectine/Azithromycine évite l’hospitalisation dans l’immense majorité des cas, et ramène la mortalité à 1 cas sur 2 700 (divisée par 50). Chez les cas plus tardifs devant être hospitalisés, la mortalité est divisée par 10, par contre en réanimation, pas de différence.

ET CHEZ NOUS ?

Chez nous ceux qui traitent de la sorte les malades du Covid, sont traités de criminelscomme l’a fait il y a quelques jours le  docteur Nathan Peiffer-Smadja (qui en son temps a défendu le Remdesivir), chef de clinique en infectiologie à l’hôpital Bichat, très largement repris et approuvé par la presse comme Le Monde ou Libé, et qui pratique la médecine en tweetant comme Trump faisait de la politique en tweetant (désolé, je ne suis ni sur twitter, ni sur face de bouc). 

Je suppose qu’ils nous diront que ces patients traités et guéris n’existent pas, car cette étude n’a pas été randomisée, condition nécessaire et indispensable pour qu’ils acceptent de lire.

Alors qu’aurait fait le bon docteur Nathan Peiffer-Smadja si on lui avait confié cette étude ? Il aurait fait ce que tout « bon spécialiste » aurait fait : pour obtenir 2 700 patients traités en ambulatoire, il aurait sélectionné 2 700 autres malades, tirés au sort, et à qui il aurait donné un placebo. Le résultat chez ces patients peut être tiré de faits précis, c’est à dire les 3, 3 millions de positifs (une bonne moitié non malades), les 80 000 morts, les passages à l’hôpital et en réanimation. Résultat dans la seconde cohorte : 50 morts, mais aussi des urgences encombrées devant être soulagées par un confinement.

50 malades sacrifiés sur l’autel de la recherche scientifique pour traiter la Covid, tout comme les Incas sacrifiaient des enfants pour traiter la sécheresse. Les prêtres se retrouvent aussi dans l’ »élite » bien-pensante. Et pour que les exécutants n’aient pas de problème de conscience, ils ont inventé le top des études : la randomisation en double aveugle : le patient ne sait pas ce qu’il prend, le médecin ne sait pas ce qu’il donne, comme pour les pelotons d’exécutions où on met une balle mortelle dans un fusil, et des balles à blanc (placebos) dans les autres, afin de soulager la conscience des tireurs. L’excuse officielle, c’est afin que le médecin n’influence pas le subconscient du patient, comme s’il allait lui dire qu’il lui donnait un placebo ! Le fait est que les militaires n’ont pas le choix, mais que les médecins ont le choix entre le serment d’Hippocrate et le serment d’Hipocrite.

Je signale que beaucoup d’études randomisées sont faibles, d’autres même arrêtées, fautes de patients (alors qu’il y a des Covids partout !), les patients n’étant pas drogués comme chez les incas, ou ficelés à un poteau, refusant d’être tirés au sort pour du placebo car venant pour se faire soigner, pas pour avoir un placebo !

La Covid aura entre autres, au moins permis de mettre à plat ces pratiques médicales non éthiques, souvent criminelles, en espérant une remise en question par leurs défenseurs, à moins qu’ils ne soient atteints par le syndrome de Dunning-Kruger.

Docteur Nathan Peiffer-Smadja, je m’adresse à vous comme l’avait fait un vrai confrère retraité au début de mon activité à la Caisse des médecins, « cher confrère, en vous je vois le con mais pas le frère ». Quelques années après il m’a à nouveau écrit pour s’excuser, me dire qu’il s’était trompé sur moi, et qu’il m’encourageait et me soutenait dans mes actions. J’espère que vous me ferez aussi changer d’avis sur vous un jour, en montrant que vous savez traiter, que vous saurez afficher vos résultats. N’est-ce pas là votre premier objectif, bien avant de viser un poste de professeur (que j’ai refusé en son temps malgré la demande pressante du doyen), ou la légion d’honneur (pour laquelle j’ai aussi refusé deux fois que l’on me présente, ne me reconnaissant pas du tout dans ceux qui l’obtenaient).  Enfin il y a aussi la tolérance, le respect des autres, ceux qui ne pensent pas comme vous, que vous aurez avec l’âge et l’expérience, et vous verrez que convaincre est beaucoup plus gratifiant et efficace que d’insulter.

P.S. toujours à l’intention du Dr Smadja : je viens d’avoir, cet après-midi, des nouvelles d’un confrère généraliste, ancien correspondant devenu ami, et qui passe sa retraite en Suisse. Il y a 3 semaines, il m’appelle devant des signes de Covid. Je lui fais acheter de l’Ivermectine et de l’Azithromycine, qu’il prend le lendemain après un test positif. Candidat à une mort quasi certaine (80 ans, 118 kg, diabétique, quasi grabataire,…) il est hospitalisé au HUG par ses enfants 3 jours plus tard car très fatigué, il en ressort rapidement sans autre traitement. Par contre sa femme, plus jeune, à qui il a refilé le Covid, passe directement à l’hôpital sans avoir pu avoir d’Ivermectine. Toujours en réanimation, elle sort ce jour de 15 jours de coma.

A votre avis, honnêtement, est-ce que j’ai eu une attitude criminelle de traiter de la sorte, comme vous le dites dans tous les journaux ?


Faut-il avoir plus peur des traitements précoces que des vaccins

On avait déjà remarqué que les autorités n’appliquaient pas les mêmes critères pour évaluer les vaccins et les traitements à base de molécules repositionnées, appelant à la confiance pour les premiers et se montrant sceptiques et méfiants pour les derniers.

Maintenant que les vaccins contre le Covid-19 commencent à être distribués dans plusieurs pays, on peut s’intéresser aux effets indésirables qui leur sont associés.

Depuis 1967, l’OMS enregistre les déclarations d’effets indésirables venant du monde entier, pour tous les médicaments commercialisés. La base de données détaillées, VigiBase, est réservée aux abonnés, mais sa version simplifiée est ouverte au public : vigiaccess.org. On n’y trouve que le nombre des signalements pour lesquels le médicament est soupçonné d’être impliqué dans un effet indésirable, détaillés par type d’effet rapporté, et sans autre détails (durée du traitement etc.). Cela sera suffisant ici.

Une très rapide exploration permet en effet de découvrir quelques chiffres.

Dans la base de données VigiAccess, les vaccins contre le Covid-19 sont regroupés. Que l’on cherche « Comirnaty », « Moderna Covid-19 vaccine » ou par exemple « Covishield » (le nom du vaccin d’AstraZeneca en Inde), on tombe sur le même principe actif : « covid-19 vaccine », et sur les mêmes nombres d’effets indésirables déclarés. C’est dommage, puisque cela ne permet pas de comparer entre eux les différents vaccins, mais cela permet de se faire une idée générale.

Au 4 février 2021, selon OurWorldInData.org, un peu moins de 94 millions de personnes ont reçu au moins une dose de l’un des vaccins contre le Covid-19 (Fig.1)Fig.1 - Nombre de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 © OurWorldInData.orgFig.1 – Nombre de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 © OurWorldInData.org

Et VigiAccess, consulté le 5 février 2021, avait enregistré 53763 déclarations d’effets indésirables : 2089 déclarations en 2020 et 51674 signalements en 2021, (Fig.2).Fig.2 - Effets indésirables déclarés sur les vaccins anti-Covid-19 © VigiAccessFig.2 – Effets indésirables déclarés sur les vaccins anti-Covid-19 © VigiAccess

Parmi ces 53763 effets indésirables déclarés (pour lesquels, il faut le rappeler, le vaccin n’est que soupçonné : ces chiffres ne sont pas la preuve d’un lien de causalité), on note 2526 déclarations de troubles du système sanguin et lymphatique, 2615 troubles cardiaques (dont 66 arrêts cardiaques, 46 infarctus du myocarde, 14 arrêts cardio-respiratoires…) etc.

On peut chercher à comparer ce nombre de déclarations avec ceux des traitements préventifs et précoces dont de nombreuses études scientifiques indiquent l’efficacité.

L’hydroxychloroquine, par exemple, qui a fait l’objet d’une campagne médiatique soutenue sur ses dangers, suscitant des publications scientifiques surprenantesrassurantes ou parfois frauduleuses (celle du Lancet fondée sur des données fictives) a totalisé 29487 signalements entre 1968 et aujourd’hui, c’est-à-dire en plus de 42 années d’utilisation (Fig.3).Fig.3 - Effets indésirables rapportés en lien avec l'hydroxychloroquine depuis 1968. © VigiAccessFig.3 – Effets indésirables rapportés en lien avec l’hydroxychloroquine depuis 1968. © VigiAccess

C’est nettement moins que pour les vaccins, alors qu’en 42 ans, il y a eu des centaines de millions de personnes traitées à l’hydroxychloroquine, donc certaines pendant des années. Le site Ameli.fr permet de calculer que, pour la France — qui n’est pas le plus gros consommateur d’hydroxychloroquine — environ 15 millions de boîtes d’hydroxychloroquine ont été remboursées par la Sécurité Sociale entre 2001 et 2019.

L’azithromycine, très couramment utilisée également (plus de 50 millions de boites remboursées en France entre 2001 et 2019), arrive à dépasser en 31 années, avec 67998 signalements entre 1989 et le 5 février 2021, le nombre de signalements liés aux vaccins anti-Covid-19 en 1 mois (Fig.4). Mais elle ne gardera probablement pas sa première place très longtemps.Fig.4 - Effets indésirables rapportés en lien avec l'hydroxychloroquine depuis 1989. © VigiAccessFig.4 – Effets indésirables rapportés en lien avec l’hydroxychloroquine depuis 1989. © VigiAccess

Un autre traitement, qui est peu à peu adopté dans différents pays et différentes régions du monde, mais encore très décrié, bien que des dizaines d’essais cliniques aient indiqué son efficacité à la fois en traitement préventif et en traitement curatif précoce, est l’ivermectine. Comme on le voit, bien que très utilisée aussi — 11 millions de boîtes remboursées en France entre 2002 et 2019, et certains pays l’utilisent de façon systématique en prévention de maladies parasitaires —, depuis 1992 l’ivermectine n’a pas suscité beaucoup de signalements : 4603. A peu près autant en 28 ans que les vaccins anti-Covid en 3 jours… (Fig.5).Fig.5 - Effets indésirables rapportés en lien avec l'ivermectine depuis 1992. © VigiAccessFig.5 – Effets indésirables rapportés en lien avec l’ivermectine depuis 1992. © VigiAccess

Puisque certains médias s’inquiètent ces temps-ci de ses effets indésirables (qu’il ne faut effectivement pas minimiser, et il convient de consulter un médecin avant de prendre tout médicament), on signalera aussi que VigiAccess donne le nombre d’effets indésirables pour lesquels la vitamine D est soupçonnée d’être impliquée (Fig.6). On compte près de 40 millions de boîtes remboursées en France pour la seule année 2019, et 5237 signalements d’effets indésirables dans le monde depuis 1975.Fig.6 - Effets indésirables rapportés en lien avec la vitamine D depuis 1975. © VigiAccessFig.6 – Effets indésirables rapportés en lien avec la vitamine D depuis 1975. © VigiAccess

La comparaison entre le nombre d’effets indésirables déclarés en un peu plus d’un mois d’utilisation des vaccins anti-Covid-19 et en dizaines d’années d’utilisation d’autres molécules est parlante.

Les molécules en question, pour lesquelles il existe soit des preuves soit une présomption d’efficacité contre le Covid-19 dans certaines phases de la maladie ou en prévention peinent pourtant à obtenir une Recommandation Temporaire d’Utilisation (RTU) de la part de l’Agence Nationale de Santé du Médicament, tandis que les vaccins anti-Covid-19 ont obtenu en un temps record des Autorisations Temporaires d’Utilisation (ATU), bien qu’il faille en théorie davantage d’éléments de preuve pour une ATU que pour une RTU.

Si l’on ajoute que les effets secondaires à moyen ou long terme des vaccins à ARNm et à OGM sont inconus, et si l’on s’inquiète de l’effet potentiel des ces vaccins sur l’apparition de variants, comme Emmanuel Macron l’a envisagé le 4 février (de façon étrangement sélective), et comme d’autres l’ont évoqué avant lui, la balance bénéfice/risque ne plaide-t-elle pas en faveur des traitements précoces et préventifs ?

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L’ivermectine : un traitement efficace qui fâche ?

  • timer8 min
  • today2021-02-06 12:09
  • create2021-02-04 04:00
  • personDr Jean-Michel Wendling
  • linkinfodujour.fr

L’ivermectine, traitement parasitaire utilisé notamment contre la gale, suscite un réel intérêt pour un repositionnement thérapeutique contre la Covid-19. L’un de ses ardents défenseurs, le Dr Maudrux explique pourquoi.

Gérard Maudrux (DR)
DR Gérard Maudrux (DR)

Dans une première vie chirurgien urologue libéral à Grenoble, Gérard Maudrux a présidé pendant 18 ans et jusqu’à la fin de 2015 la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France, la CARMF. Il tourne la page avec un seul regret : avoir encore des choses à dire. Le Dr Maudrux les a toujours défendues le verbe haut, au besoin seul contre tous. C’est ce qu’il se propose de faire en analysant les potentiels de l’ivermectine contre la Covid-19.

J-M Wendling- Dr Maudrux, présentez-nous la molécule : quel est son champ d’action historique ?

Gérard Maudrux- L’ivermectine est un antiparasitaire à très large spectre, utilisé contre 183 espèces de nématodes et 129 espèces d’insectes et acariens. Elle est utilisée dans plus de 100 pays surtout en médecine vétérinaire et chez l’homme depuis le début des années 1980. Près de 100 millions de personnes sont traitées chaque année avec ce produit dans le monde. En France l’ivermectine a une autorisation pour l’anguillulose gastro-intestinale, la microfilarémie et surtout la gale.

Sa remarquable efficacité sur une grande variété de parasites a valu à W.C. Campbell et S. Omura un prix Nobel en 2015. Outre cette efficacité sans que l’on connaisse de résistance à la longue, la molécule est en même temps totalement anodine, pouvant être utilisée à grande échelle, ce qui est souligné par l’OMS.

-L’Ivermectine a-t-elle une action virucide ?

L’ivermectine a une action virucide, d’abord testée et adoptée chez nombre d’infections virales chez l’animal.  Chez l’homme, des études sont en cours contre différentes variétés de flavivirus, la dengue, le Zika, le Chikungunya, et le virus responsable de l’infection du Nil occidental. L’ivermectine est très efficace sur la pseudo-rage porcine (PVR), dont l’agent pathogène est un virus à ARN, comme le SARS-Cov-2.

De nombreuses études ont été faites in vitro et in vivo sur le sujet, montrant que l’ivermectine est un inhibiteur spécifique de l’ADN polymérase UL42 du virus, dépendant des importines α et β qui transportent les protéines dans les noyaux, d’où un potentiel virus à ARN en bloquant la localisation nucléaire des protéines virales.

-Qu’en est-il des autorisations d’usage ?

La Food and Drug Administration, équivalent aux USA de notre Agence Nationale de Sécurité Sanitaire a validé l’efficacité, déjà in vitro, de l’Ivermectine dans le Covid-19 : « capable d’effectuer une réduction d’environ 5000 fois l’ARN viral à 48 h après l’infection Vero- Cellules hSLAM 2 h par le SRAS-CoV-2 ».

L’étude en question est toutefois critiquée par les détracteurs de l’ivermectine. Dans ce genre d’étude, on peut toujours contester le choix des cellules hôtes, la concentration, trop élevée ou pas assez, la température, etc. De plus, in vivo, il peut y avoir des agents facilitateurs ou inhibiteurs changeant ces résultats. Je ne retiendrai que le fait qu’elle a ouvert la voie aux essais chez l’homme, elle fait maintenant partie du passé. D’autres modes d’action sont également avancés, pouvant se situer à d’autres niveaux.

L’Ivermectine est-il un traitement préventif prometteur  ?

Il ne faut retenir qu’une seule étude multicentrique et des résultats statistiquement significatifs. En Argentine, près de 1 200 soignants au contact de patients Covid ont été suivis dans 4 hôpitaux. 788 ont reçu de l’ivermectine, 407 aucun traitement. Après 2 mois et demi, on a constaté 237 infections dans le groupe non traité, soit 58%, et 0 dans le groupe traité. Résultat sans appel. Aucun problème chez les contaminés, qui ont été traités une fois malades.

Dans le Journal International des agents antimicrobiensMartin Hellwig et coll de Plymouth (USA), après une revue de la littérature, constatent que « les pays où la chimio-prophylaxie par Ivermectine est administrée en masse, ont une incidence significative sur les contaminations par Covid-19.»

Et en France, on débarque et on est surpris : 121 personnes d’un Ehpad (69 résidents, moyenne d’âge 90 ans, et 52 employés) de Seine et Marne s’étaient retrouvés protégés du Covid, grâce au traitement d’une épidémie de gale dans l’établissement en mars, ce qui fait la Une de la presse.

Ces données sont observationnelles, ne permettent pas de conclure sur le caractère causal du traitement mais sont très en faveur : cela mérite qu’on s’y intéresse.

-L’ivermectine est-il une option prometteuse en traitement curatif ?

L’ivermectine agit sur le Sars-CoV-2 en l’empêchant d’entrer dans les cellules et de se multiplier : a fortiori, il serait totalement illogique que ce que l’on constate en prophylaxie ne se reproduise pas en thérapeutique. C’est ce que montre la plupart des études et des constats en médecine de ville, décrivant une amélioration très rapide des troubles, en 48 heures, en phase précoce. Il n’est pas dénué d’intérêt non plus en phase plus tardive.

Je ne détaillerai pas chaque étude, elles sont très nombreuses. Les détracteurs de l’ivermectine, faute d’étude montrant une inefficacité, en prennent une ou deux, critiquent un nombre insuffisant de patients, la méthodologie, soulignant que c’est « statistiquement non significatif », chaque fois sans dire quel est ce résultat, toujours positif, et en concluent à tort, que ce n’est pas actif.

Ce qu’ils ne font pas, c’est de voir la tendance globale de toutes ces études : toutes convergent pour donner des résultats cliniques très rapides avec disparition des symptômes, du virus, des formes graves, et des décès. Il n’y a aucune étude à ma connaissance qui montrent inefficacité ou aggravation.

-Avez-vous des données plus précises sur toutes ces études ?

Plusieurs sites proposent ce travail de synthèse appelé méta-analyses. Ainsi https://c19ivermectin.com  est une base de données de toutes les études avec 55 études, 21 évaluées par des pairs, 35 avec des résultats comparant les groupes de traitement et de contrôle.
Le traitement précoce est plus efficace, avec une réduction estimée de 84% de l’effet mesuré à l’aide d’une méta-analyse à effets aléatoires, RR 0,16 [0,08-0,33].

  • 100% des 17 essais contrôlés randomisés (ECR) rapportent des effets positifs, avec une réduction estimée de 71%, RR 0,29 [0,17-0,51].
  • La probabilité qu’un traitement inefficace produise des résultats aussi positifs que les 35 études à ce jour est estimée à 1 sur 34 milliards (p = 0,000000000029).

Plus le traitement est précoce, plus les résultats semblent importants avec 90% d’amélioration en prophylaxie (RR 0,10 [0,05-0,23]), 84% d’amélioration en traitement précoce (RR 0,16 [0,08-0,33]) et plus que 39% en traitement tardif (RR 0,61 [0,47-0,79].

Nous disposons également d’un site internet qui collige les travaux Ivmmeta  :
Au 31 janvier 2021, ce site fait la synthèse de 35 études, 228 auteurs, 10 338 patients, dont les plus sérieuses sont les essais randomisés et contrôlés (RCT), au nombre de 17 signées par 115 auteurs, portant sur 2 528 patients.
Pour les puristes de méthodologie, voici les résultats pour les seules études randomisées contrôlées : 17 travaux tous positifs.

essais randomisés

Les professeurs Marik de Virginie et Kory du Wisconsin ont beaucoup travaillé sur le sujet, ont fait leurs propres méta-analyses, qui donnent les mêmes résultats. Ils ont été auditionnés le 6 janvier par le National Institut of Health, qui a reconnu l’efficacité et ne s’est pas prononcé définitivement. Ici une présentation de Marik et de Kory.

De l’autre côté de l’Atlantique, le Dr Hill de Liverpool a été missionné par l’OMS, via UNITAID, son rapport devrait bientôt être remis pour que l’OMS se positionne.

Voici ses résultats préliminaires, les mêmes que pour toutes les études, qui convergent. Les informations sur son travail sont  ici avec une présentation via un diaporama .

Voici son tableau sur la mortalité, divisée par 5 :

tableau sur la mortalité

-Quelles sont les expériences en France dont vous pouvez nous parler ?

Plusieurs médecins traitants utilisent l’ivermectine après avoir lu quelques articles, en général associée à un antibiotique comme l’Azithromycine, et des oligo-éléments (Zinc), et de la Vitamine D. Ils s’en cachent, ont interdiction par l’Ordre des Médecins de communiquer. J’en connais plusieurs, dépassant souvent les 100 patients traités, toujours avec les mêmes constatations : patients rapidement soulagés, pas d’hospitalisation ni de décès.

Pour débloquer cette situation, il faudrait que l’Agence Nationale de Sécurité du médicament (ANSM) délivre une Recommandation Temporaire d’Utilisation (RTU). Pour cela il faudrait qu’elle étudie ce dossier, et les autorités sanitaires qui peuvent la saisir, comme le ministre de la Santé ou le Directeur Général de la Santé, refusent de le faire. La question du pourquoi reste en suspens ?

Ne pouvant la saisir directement, nous avons demandé aux tribunaux administratifs d’obliger les autorités compétentes à le faire. Une action est en cours auprès du Conseil d’Etat qui a accepté d’examiner notre requête dans le cadre d’un Référé Liberté et l’ANSM s’est enfin décidée à analyser les données.

L’ANSM a examiné et rejeté une demande identique faite par le Pr Raoult pour l’Hydroxychloroquine, au motif que les études internationales étaient hétérogènes, et que le médicament était considéré « dangereux ». L’Ivermectine montre des études convergentes et une relative innocuité. Nous attendons avec impatience les motifs d’acceptation ou de refus de l’ANSM pour une RTU, si tant est que la démarche ne soit pas bloquée par des motifs autres que la santé des Français…

Interview réalisée par le Dr Jean-Michel Wendling, consultant scientifique pour infodujour.