Coronavirus: la légitimité démocratique du pouvoir d’exception remise en question par des chercheurs

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Il y a plus de 10 mois, les premières mesures de confinement étaient prises en Belgique. Ces dispositions inédites et impensables encore quelques semaines auparavant ont bouleversé nos vies et notre société. Elles ont été adoptées dans l’urgence, face à un phénomène, l’épidémie de covid-19, qu’il était difficile de prévoir. L’absence de débat démocratique pouvait à l’époque se comprendre au vu de l’urgence et du caractère exceptionnel des mesures. Une large coalition de partis démocratiques créait alors un consensus autour d’un gouvernement minoritaire. A situation inédite, réactions politiques inédites.

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A l’automne dernier, un gouvernement de plein exercice était mis en place. Moins d’un mois après son installation, le second confinement a eu lieu. Il diffère fondamentalement du premier sur deux points. Tout d’abord, il est désormais impossible d’invoquer la surprise. Par ailleurs, le caractère temporaire et exceptionnel du confinement n’a plus rien d’évident.

Des dégâts économiques, sociaux et psychologiques considérables

Malgré la durée de la crise, la communication est toujours celle de l’urgence. Les médias reçoivent leur dose quotidienne de chiffres Covid, sans aucun recul ou analyse ni, sauf cas rares, modération critique. De même, le nouveau feuilleton de la course entre la vaccination et la dissémination des nouveaux variants est censé nous tenir en haleine. Surtout, les données fournies sont incomplètes pour qui veut se faire une idée réelle des implications du confinement. Quid de la santé mentale, des tentatives de suicide, du décrochage scolaire, de la paupérisation, de l’augmentation des violences intra-familiales ? Il semble en tout cas que ces dimensions n’influent que de manière marginale sur les décisions prises. Probablement parce que les effets concrets ne se font ici ressentir qu’avec retard, alors que les contaminations se voient chaque jour avec une publicité maximale. Est-ce dès lors une raison pour ne pas prendre en compte ces réalités au moins aussi importantes ? 

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Or, c’est bien ce tableau global des conséquences de la gestion de cette crise qu’il convient urgemment de dresser. Avec des étudiants ou adolescents en mal-être grave, des professions en déroute et sans perspectives, des usages normalisés des limitations de libertés, peu d’évaluations rendues publiques de l’efficacité de certaines mesures liberticides… Il est plus que temps de se poser la question du vivre ensemble en pandémie dans une société où le risque zéro n’existe pas.

Actuellement, on tente toujours de minimiser un double risque très étroit : la saturation des hôpitaux couplée aux décès des personnes vulnérables, sans s’interroger vraiment sur l’équilibre à trouver avec les autres risques et les dommages causés aux autres catégories de citoyens et citoyennes. Or ces risques explosent en ce moment de toutes parts, comme des dizaines de chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales le prédisent depuis des mois, et dont les propositions ne semblent pas entendues par les autorités politiques.

Des restrictions massives des libertés publiques

La gestion covid-19 soulève aussi un problème fondamental de respect de la légalité et de l’Etat de droit. Depuis plusieurs mois, les constitutionnalistes et les politologues dénoncent la gestion de la crise par simple arrêté ministériel et réclament une loi Corona (lire aussi). Au-delà du simple respect de la Constitution, l’État de droit assure la limitation de l’action de l’État envers les citoyens et citoyennes en lui imposant un cadre juridique et en lui interdisant l’arbitraire. En un mot comme en cent : l’Etat ne peut pas agir comme bon lui semble, aussi impérieuse et légitime lui semble la finalité qu’il poursuit.

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Chaque jour, nous pouvons constater les graves conséquences de l’estompement de ce principe. La lutte contre le covid-19 sauve sans doute des vies. Mais elle étouffe nos droits et libertés. L’état d’exception qui s’installe permet à la police de pénétrer de nuit dans les domiciles, de tracer les GSM sans ordonnance de juge, de restreindre le droit de manifestation, de suspendre le droit au travail, de maltraiter le droit à l’enseignement, de s’emparer de nos données médicales à des fins de contrôle, de limiter nos déplacements, de faire disparaître les droits culturels… Cette rétrogradation a lieu sans débat ni décision parlementaire et en contournant trop souvent les autorités de contrôle (section de législation du Conseil d’Etat, Autorité de la protection des données).

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Des mesures de contrôle incontrôlées

La démocratie belge est aujourd’hui atone. Le confinement et ses modalités ne font pas l’objet d’un débat démocratique public, pluraliste et ouvert. Les positions et arguments en contradiction avec la parole officielle n’ont pas droit au chapitre. Comme le démontre Amartya Sen, le débat public est la condition incontournable de toute décision légitime et raisonnable, sur la base de positions parfois toutes défendables quoique contradictoires (1).

Le contrôle de l’application des règles par les citoyens et citoyennes fait l’objet d’une sévérité de plus en plus grande. Mais dans le même temps, le contrôle des règles par les autorités fait l’objet de plus en plus d’inattentions. La piste est glissante : ne basculons-nous pas dans une gestion autoritaire de la pandémie ?

Il est donc indispensable d’avoir un débat démocratique et ouvert sur au moins trois éléments. Premièrement, la définition de l’objectif poursuivi par ces mesures : s’agit-il d’éviter la saturation des services hospitaliers ou d’éradiquer le virus en éludant la question des moyens pour renforcer les dispositifs médicaux ? Deuxièmement, le degré de risque que nous sommes collectivement prêts à accepter au regard de tous les autres risques. Et troisièmement, les mesures légitimes et proportionnées prises pour atteindre ces objectifs.

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Un débat éclairé nécessite d’avoir des données fiables et des avis partagés. Il faut dès lors au plus vite un partage des données en opendata afin que tout chercheur ou chercheuse puisse les vérifier, les compléter, les discuter et les analyser. Il est également nécessaire de rendre publics tous les avis exprimés par les divers organes d’expert.e.s, afin que chaque citoyen et citoyenne puissent être informé.e et comprendre les mesures.

De graves conséquences à moyen et long termes

Le basculement que nous observons entraîne de graves conséquences à moyen et long termes que les autorités ne peuvent ignorer : perte d’adhésion des citoyens et citoyennes dans les mesures, décrédibilisation des dirigeants déjà en perte de vitesse, mouvements de désobéissance civile qui peuvent entraîner la division et le conflit. En outre, la création d’un tel précédent est un danger pressant dans un contexte de montée des populismes et des régimes autoritaires, ainsi que dans la perspective scientifiquement envisagée d’épidémies ultérieures. Comment les démocrates pourront-ils.elles faire barrage à des poussées illibérales si l’Etat libéral ouvre la brèche ? La classe politique actuelle prépare-t-elle à son insu, par manque de vision et de courage, la fin de la démocratie telle que nous la connaissons ? Il est encore temps d’un sursaut.

*Signataires : Diane Bernard (USL-B), juriste et philosophe ; Anne-Emmanuelle Bourgaux (UMons), juriste ; Marie-Sophie Devresse (UCLouvain), criminologue ; Alain Finet (UMons), management ; François Gemenne (ULiège), politologue ; Christine Guillain (USL-B), juriste ; Chloé Harmel (UCLouvain), juriste ; Vincent Laborderie (UCLouvain), politologue ; Irène Mathy (USL-B), juriste ; Anne Roekens, (UNamur), historienne ; Damien Scalia (ULB), juriste ; Olivier Servais (UCLouvain), anthropologue et historien ; Dave Sinardet (VUB- USL-B), politologue ; Nicolas Thirion (ULiège), juriste ; Erik Van Den Haute (ULB), juriste.

(1) A. Sen, L’idée de justice, Flammarion, 2010 (pour la trad. en français), notamment p. 141 et 417.


Dr Louis Fouché : « C’est du jamais vu dans l’histoire de la médecine »

Le Dr Louis Fouché est médecin anesthésiste-réanimateur à l’APH de Marseille et porte-parole du groupe Réinfo Covid. Inconnu du grand public il y a encore quelques mois, il a depuis eu l’occasion de partager sa vision de la crise sanitaire sur les réseaux sociaux et dans certains médias, invitant à « la sagesse » et à « la prudence ». Que nous dit vraiment cette crise sur l’état de notre société ? La crise sanitaire n’est-elle qu’une composante d’une crise beaucoup plus vaste et beaucoup plus profonde, une « crise systémique » ? Esprits de Liberté s’est entretenu avec le Dr Louis Fouché pour répondre à ces questions.

Louis Fouché , 20 janvier , The Epoch Times


Je conchie vos masques

Je conchie vos masques, j’exècre vos distances, je vomis votre peur irraisonnée.Le covid passera peut-être par moi, il me tuera peut-être, et vous savez quoi? Je m’en tape.

Je suis d’une génération de survivants qui voyageait enfant dans des véhicules sans ceinture et sans airbag, qui pouvait mettre les doigts dans les prises, boire l’eau à la fontaine ou jouer avec des allumettes.J’ai eu quasiment toutes les maladies infantiles mortelles et comme ceux de mon âge j’ai côtoyé la polio et la tuberculose.

J’ai déjà dépassé l’âge de beaucoup de mes ancêtres quand il sont morts du cancer ou d’autres maladies mortelles. Maladies pour l’éradication desquelles personne n’a jamais été confiné et qui tuent encore aujourd’hui chaque jour dans le silence assourdissant des hôpitaux, des Ehpad et des médias…

Alors :

un virus devenu inoffensif à 99% mais qui rend les gens fous ne m’impressionne pas.

Irresponsable? Individualiste? Manquant de compassion pour les autres? Complotiste?Les qualificatifs BFMTV ne manqueront pas pour commenter une telle attitude impardonnable.

Je ne m’en excuserai pas, je n’y peux rien, c’est ma nature…

Je refuse de m’habituer à ce simulacre de vie volée, à ces fausses mesures de fausses protections, à ces demi visages apeurés et à cet esclavagisme rampant qui ne dit pas son nom.

Je respire sans masque autant que je peux, je boycotte les endroits où il se trouve en nombre.

Je ne me ferai jamais vacciner, je lutterai avec mes moyens ridicules et mon esprit déviant jusqu’au bout contre cette infamie et ses mensonges quotidiens.

Continuez à accepter d’être confinés dehors.Continuez à tuer vos anciens de tristesse et de manque de contacts humains de peur de raccourcir leur vie de quelques mois…

Continuez à formater les esprits de vos enfants à la soumission aveugle à un État qui a pris la place de votre médecin.

Continuez à croire que tout cela est pour votre bien.Un jour prochain, soyez-en certains, vous n’aurez plus le loisir de vous réveiller car même cette liberté-là vous sera interdite.

Sans moi.


Fabrice Di Vizio

Avocat de Didier Raoult, s’est livré à Bas Les Masques dans un grand entretien.

Dans cette première partie, il revient sur l’actualité de son médiatique client.

Dans la deuxième partie de ce grand entretien, Fabrice Di Vizio nous explique son action en faveur du collectif d’artisans et commerçants « les pendus ». Il revient également sur la nécessité de trouver un équilibre entre libertés individuelles et intérêt général.

Louis Fouché

longue itw de Louis Fouché par Moine

Censure, conflits d’intérêts, liberté d’expression, médias, ingérence technologique, Didier Raoult, Ordre des médecins et actes dans le réel.

l’impact et les dangers du virus, le masque et la santé des enfants et des réflexions sur les structures globale set la communication au cours de cette crise